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"Matin Sahara"
Danse orientale à Paris : bal du Jasmin pour enfants
démunis
16.04.2003 | 17h14
La star mondiale de danse orientale Mayodi a organisé à Paris
un somptueux Bal du Jasmin, événement caritatif au profit
de deux associations marocaines qui travaillent à offrir un meilleur
destin aux enfants en situation précaire. La guerre continue de faire
ses ravages. Le monde entier en est terrassé, traumatisé.
Une réalité effroyable secoue toute la planète : la
violence la plus absolue, sans foi ni loi, peut s’abattre sur l’une
ou l’autre de ses régions, essentiellement araboislamiques,
retransmise en direct sur les chaînes télévisées
aux spectateurs du reste du monde, impuissants à l’arrêter,
absurdement passifs, anéantis par l’observation de la dégénéresence
humaine qui se pavanne de ses capacités militaires et de l’ampleur
de la tragédie qu’elles produisent.
Dans ce douloureux contexte, les artistes doivent continuer de créer,
de vivre, de régénérer le monde, de lui donner de l’espoir.
Ils sont les premiers, peut-être, à ressentir cruellement les
choses, à anticiper leur survenue, à les devancer. Si l’acharnement
persiste contre le monde arabomusulman, laissant soupçonner, par
de nombreux penseurs, que sa culture et que son patrimoine civilisationnels
soient essentiellement visés, c’est un phénomène
inverse qui se dessine aussi bien dans les pays d’Orient et d’Occident
: un intérêt accru, un attrait prononcé envers cette
culture, une exploration appronfondie de son patrimoine...
S’agissant de la danse orientale particulièrement, enracinée
naturellement en Orient avec une histoire grandiose, cela fait des décennies
déjà qu’elle a conquis les publics européen,
américain, australien, japonais, ... qui y ont découvert la
splendeur de la féminité et de la sensualité. Plusieurs
maîtres en danse orientale sont installés dans ces pays où
ils enseignent cet art ancestral à des élèves fascinés
de plus en plus nombreux.
Le 29 mars dernier, c’était en pleine guerre. Une star de la
danse orientale avait depuis plusieurs mois préparé une soirée
caritative pour cette date. Pour des enfants marocains malheureux, marginalisés,
pris en charge par des ONG qui tentent de leur offrir un meilleur destin.
C’est dans le chagrin causé par la guerre, et le coeur avec
les Irakiens, que cette soirée fut quand même donnée.
Pour venir en aide à d’autres nécessiteux, sans autres
moyens que que par le truchement de son métier. Et pour affirmer
que la culture orientale rayonnera toujours.
Cette somptueuse soirée orientale a réuni une partie du ghota
européen, dont plusieurs membres de la communauté arabe, à
Paris : le Bal de la Nuit du Jasmin. Comme le Bal de la Rose à Monaco,
a présent est né celui du Jasmin à Paris, fleur orientale
par excellence.
Cette soirée avait donc un objectif humanitaire, ses profits devant
être distribués à deux associations caritatives marocaines
: l’Association Marocaine d’Aide aux Enfants en Situation Précaire
(AMSIP) et le Comité de Soutien à la Scolarisation des Filles
Rurales (CSSR). L’organisateur de cette soirée orientale phare
n’est autre que la star mondiale Mayodi. Danseur oriental et chorégraphe
d’origine marocaine vivant à Paris où il a fondé
une prestigieuse école de danse orientale, il se produit sur les
plus célèbres scènes d’Orient et d’Occident.
Danseur exceptionnel, Mayodi est le créateur d’une version
de danse orientale masculine qu’il interprète sublimement.
Il a toujours eu le coeur avec les démunis, notamment de son pays
d’origine. C’est pourquoi il a assigné à son association
El Noujoum qu’il a fondée en 1992, outre une mission culturelle,
un rôle de soutien de projets humanitaires, par l’organisation
de spectacles de musique et de danse. Et l’aide financière
directement apportée par Mayodi aux associations de terrain est principalement
destinée aux enfants en situation précaire, enfants des rues,
enfants handicapés, enfants privés d’éducation,
quelles que soient leur origne et leur appartenance religieuse. «El
Noujoum réunit des artistes qui, chacun dans sa discipline, vont
puiser aux sources traditionelles des arts de l’Orient, dit Mayodi.
La transmission du savoir par l’enseignement et son approfondissement
par la recherche inspirent la démarche de cette association culturelle.
Dans sa dimension humanitaire, je rassemble très régulièrement
des artistes (aux origines plus diverses) autour des causes humanitaires
dont la promotion me tient à coeur. Les artistes invités se
produisent le plus souvent bénévolement».
Noble danse pour une noble cause
Le Bal de la Nuit du Jasmin fut une soirée exceptionnelle, munificente,
pour laquelle il a consacré un considérable travail de préparation
et d’organistaion, pratiquement tout seul. Trois cent personnes du
gratin européen et de la communauté arabe, dont plusieurs
personnalités marocaines, ont été attablées
aux Salons Vianey, spécialement décorés à l’oriental
pour ce Bal du Jasmin qui fut parrainé par la Princesse Hermine de
Clermont-Tonnerre, la chanteuse et écrivain-poète Sapho, l’écrivain
Tahar Benjelloun et Gilbert Sinoué. Le public, composé en
grande partie d’artistes, d’intellectuels et de diplomates,
de chefs d’entreprises, se trouvait là réuni malgé
la guerre parce qu’il s’agissait d’une soirée caritative.
Pour l’événement, Mayodi a fait venir à Paris
des artistes marocains, l’artiste professeur de danse Hind, le danseur
Noor, le chanteur Rani, la chanteuse Nadia, et la danseuse orientale australienne
Ketty Sharif. Mayodi qui a accueilli les invités en costard a ensuite
enfilé son costume mirifique de danseur pour ouvrir le bal, en solo.
Envoûtant et impressionnant comme à l’accoutumée.
Les autres danseurs ont aussi dansé en solo. La Marocaine Hind, qui
grimpe en flèche au firmament des stars, s’affirme par sa grâce
infinie, son style extrêmement raffiné. Elle illustre parfaitement
cette nouvelle génération de stras féminines de la
danse orientale au corps de mannequin. Elle a dansé sur la superbe
musique égyptienne au nom de «Reine de la danse». Hind
est la première artiste marocaine à développer une
importante action culturelle en ce domaine de la danse orientale, tout en
travaillant très souvent pour des causes humanitaires, comme elle
vient de danser, ce 12 avril à la Mamounia (Marakech) pour l’Association
Ryad El Boustane. Elle organise en outre des stages de perfectionnement
en faisant venir d’illustres maîtres de danse orientale de l’étranger
et contribue, avec d’autres danseurs arabes en Europe, à redonner
à la danse orientale ses lettres de noblesse. L’on voit aussi
apparaître des étoiles non arabes de danse orientale, comme
Ketty Sharif, qui prennent souvent des noms d’artistes aux consonnances
orientales.
L’art et la culture sont de plus en plus liés au social, à
la vie associative, comme nous le démontrent nos artistes. Mayodi
est depuis longtemps membre actif de l’AMSIP dont il représente
les activités à Paris. L’AMSIP a été créée
en 1996 par Touria Jaïdi qui y a réalisé des projets
colossaux, et à laquelle elle s’est dévouée avec
une générosité entière dans la discrétion,
sans rechercher de médiatisation.
Quant au CSSF, il est constitué de personnes physiques affiliées
et d’ONG locales partenaires ayant pour la plupart une longue expérience
dans le domaine du développement.
Bouchra Lahbabi