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"Matin Sahara"

 

Soirée-spectacle : un grand événement pour la danse orientale
09.01.2003 | 18h25

La danseuse orientale marocaine Hind Sardi a organisé un merveilleux dîner-spectacle de danse orientale qu'elle a animé personnellement avec une des plus grandes stars mondiales de cet art, Mayodi.

Mayodi, la sensualité masculine de l'Orient
C'est une étoile marocaine qui brille du plus bel l'éclat de l'Orient, avec son faste, son mystère, sa sensualité. C'est Mayodi, qui a donné une expression masculine inédite et sublime à la danse orientale. Son enfance a été bercée par la musique classique égyptienne, et la musique patrimoniale marocaine, dans les bras d'une mère mélomane.

Très jeune il est épris de la danse orientale. Il a commencé sa carrière en tant que soliste à Paris où il a grandi, se produisant sur plusieurs scènes du monde. Neuf ans de sa vie, il fut marié à une autre star de danse orientale, l'Américaine Lila, avec laquelle il dansait en duo. Aujourd'hui il redevient essentiellement soliste, tout en ayant créé plusieurs corps de ballets et ballets orientaux qu'il a dirigés en tant que danseur et chorégraphe, ainsi qu'une grande école de danse orientale à Paris où il donne quotidiennement des cours, lorsqu'il n'est pas en tournée. Il aime former des danseuses et danseurs et il accepte qu'ils quittent sa troupe pour voler de leurs propres ailes, une fois atteinte la maturité dans l'art. «C'est une danse de séduction, exhibitionniste même, où les danseurs aiment briller et créer par eux-mêmes, explique Mayodi. Mais je suis aussi fier que des danseurs issus de mon école soient définis par le style Mayodi ». Ses danseurs sont Européens en majorité, avec quelques beurettes. Ils ont souvent des formations préalables de jazz, de contemporain ou de classique. La danse orientale est de plus en plus attirante en Europe, aussi bien pour le public, que pour les professionnels et célébrités de la danse. Mayodi mentionne un ballet de Béjard que le chorégraphe belge a composé en hommage à Oumkeltoum, et où il a admirablement conjugué la gestuelle orientale à la technique classique. Ce triomphe de la danse orientale en Occident revient à des danseurs arabes installés en Europe comme Mayodi, Nawal Benabdallah et d'autres, qui, par leurs personnalités artistiques, par leurs représentations et leurs diverses actions dans le domaine de la danse orientale, contribuent considérablement à lui redonner ses lettres de noblesse et sa splendeur. Les anciens monstres sacrés de la danse orientale se sont aujourd'hui éteints. Samia Gamal, Tahiat Karioka, Naïma Akif… Quant à Najwa Fouad, Fifi Abdou, ou Mona Saïd, elles sont aujourd'hui plus que sexagénaires. Mayodi fait partie de cette nouvelle génération des plus grandes stars du monde : « L'égyptienne Dina, la brésilienne Soraya, la Sud-Américaine Soraya…, par exemple », cite Mayodi. Elles ne sont pas exclusivement Arabes. Il faut noter que d'illustres danseurs (de danse orientale toujours) se trouvent en Turquie et en Grèce, qui n'entreprennent pas une carrière mondiale.
Mayodi est de plus en plus sollicité à travers le monde en tant que soliste, et même dans le cinéma. Il a joué et dansé avec la communauté gitane du Sud de l'Espagne dans le film espagnol « Vego » de Tony Gatlif. Il apparaît dans « Mona Saber » de Abdelhay Laraki. Il a des projets ambitieux, comme la création d'une fédération de danse orientale. Il s'attache à former de plus en plus de danseurs compétents dignes de ce nom et de la danse orientale. Ses costumes fabuleux, il les dessine lui-même et les fait confectionner au Caire et à Istanbul. Certains ont été dessinés par un brillant styliste marocain du nom de Chetwane décédé en pleine jeunesse d'un accident pulmonaire. Il est notamment l'auteur du fabuleux costume aux tons de bleux et turquoise, au turban et style bédouin que Mayodi a porté pour un de ses shows à la soirée du Ryad des délices à Casablanca. Bouchra Lahbabi

 

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